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Brève de roman

C'est un crépitement qui commence dans le creux de l'oreille, comme un changement de pression atmosphérique. C'est un frisson qui naît dans la nuque, doux, discret, jusqu'à la décharge parcourant le corps entier. Chaque poil se redresse sur la peau, les picotements deviennent presque agression, brûlant la surface et secouant les nerfs maintenant saturés. Les muscles se contractent brusquement jusqu'à devenir durs comme du béton. Les pensées s'éteignent l'espace d'un instant, d'une inspiration bloquée au fond de la gorge, et redémarrent en trombe. Nécessité d'agir. La puissance s'échappe par les pores de la peau, les particules excitées se rejoignent dans les bras, les paumes, brûlant tout sur leur passage, et les arcs apparaissent, lumineux, picotants. Presque... apaisants, à présent qu'ils sont libres.
L'électricité.

Première "fin"

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Ceci n'est pas un exercice. Je répète, ceci n'est pas un exercice. Il fallait que je le dise. Que je me vante, un peu. Que je me rassure, beaucoup. Aujourd'hui, j'ai, pour la première fois, écrit le mot "fin" à une histoire.

Pas une nouvelle, pas un petit conte, non. J'ai fini une histoire de baaaah-à-peu-près-120-pages-Calibri-11, m'comprenez. Ce truc énorme qui fait se sentir tout petit face à l'importance du travail littéraire - on en ressort avec un respect tout particulier pour les autres, ceux qui avaient déjà réussi avant. Et voilà que c'est fait. J'ai écrit un roman, le premier, du début à la fin avec plein de choses au milieu. C'est dit.
Qu'on ne se méprenne pas : c'est un premier jet. Ceux qui me connaissent sauront d'avance qu'il me sera difficile de considérer cette histoire comme totalement terminée un jour. Il y aura toujours cette virgule mal placée, ce mot qui aurait pu sonner tellement bien... À cause …

Je suis...

Salut Charlie,
Il paraît que tu représentes aujourd’hui la liberté d’expression. Je ne t’ai jamais suivi particulièrement mais la symbolique fait l’essentiel. S’attaquer à un bastion, c'était bien tenté.
Nos droits ne sont jamais acquis. Parler n’est pas offert à tout le monde, et ils sont nombreux à tenter encore de faire taire ceux qui se permettent d’ouvrir leurs gueules. Dommage qu’il faille du sang pour nous ramener à la réalité. Dommage qu’il faille des morts en plein Paris pour regrouper les êtres autour d’une même lutte - lutte qui n’a jamais cessé, rappelons-le.
Mais on ne changera pas le monde n’est-ce pas ?
Charlie, je ne suis pas toi. Je ne me cacherai pas derrière ton nom, derrière ton sang. Je te respecte, et c’est pour cela que je parle en mon nom propre. Je suis une voix qui se soulève aujourd'hui. Je suis une parmi les innombrables. Je suis l’expression d’une pensée, je suis des mots écrits avec les tripes, avec le cœur, avec du sang. Je suis la liberté.
Aujo…

Hommage en passant

La vie. Bruissement incertain. Hasardeux. Multiple. Grandissant. Assourdissant et tellement doux.
Le silence. Absence. Froid. Mais le bruissement, mais les souvenirs. Mais la chaleur et cette présence laissée là. Qui fait grandir, mûrir, qui rend des choses belles. Les fleurs, les landes, la Normandie.
On écrira, on marchera, on continuera.
A tantôt

Quelques mots mais beaucoup de pensées à deux pirouésiens

Conseil de lecture + quelques nouvelles

"Je me demande à quoi tient le désir, pourquoi le corps tressaille, pourquoi le ventre se creuse quand l'autre apparaît. À quoi tient cette fascination, cette façon de changer chaque détail du corps de l'autre, chacune de ses paroles, chacune de ses attitudes en une exception ? Pourquoi tout en l'autre est événement, étonnement ? La voix surtout, le grain unique, la façon de composer les phrases, les intonations, les silences, les sous-entendus. Pourquoi, une fois que l'amour aura passé, s'il passe, les mêmes gestes, la même démarche deviendront invisibles voire insupportables ?"
Brigitte Giraud, Avoir un corps. Editions Stock, 2013.
Peu de nouvelles ces derniers temps. D'autres préoccupations, fin d'année scolaire, fin d'une période mais aussi début d'histoires... Le quotidien file à toute vitesse et laisse peu de temps pour souffler, et pas toujours lorsque l'inspiration est là !
En attendant, le livre dont cette citation a été extra…

Art du meurtre en série

L’industrie de la mort suit un rituel très spécifique. Il existe des règles strictes dans les façons de faire, une régularité nécessaire pour se sentir en sécurité. Les habitudes trahissent les besoins, les écarts soulignent les angoisses. La panique. Celle de la proie ou celle de l’exécuteur, un mélange explosif où on ne sait plus trop qui prend son pied et qui a envie de fuir.
Alors on s’approprie une signature. Une preuve que ce fut notre proie et que nous n’avons pas échoué. Dans le milieu c’est devenu une évidence ; si on ne marque pas son territoire, on n’est qu’un anonyme. Un petit délinquant de basse zone voire même un exécuteur de basses besognes. Jamais. L’artiste se doit de signer son œuvre pour entrer dans la postérité.
Etre celui dont on parle, celui que l’on craint sans savoir le nommer, tout en le saluant dans la rue lorsqu’il livre les journaux ou fait son jogging. Vous pourriez être en train de lui parler que rien ne trahirait ses activités nocturnes. Pas une trace d…