22 août 2015

Brève de roman

C'est un crépitement qui commence dans le creux de l'oreille, comme un changement de pression atmosphérique. C'est un frisson qui naît dans la nuque, doux, discret, jusqu'à la décharge parcourant le corps entier. Chaque poil se redresse sur la peau, les picotements deviennent presque agression, brûlant la surface et secouant les nerfs maintenant saturés. Les muscles se contractent brusquement jusqu'à devenir durs comme du béton. Les pensées s'éteignent l'espace d'un instant, d'une inspiration bloquée au fond de la gorge, et redémarrent en trombe. Nécessité d'agir. La puissance s'échappe par les pores de la peau, les particules excitées se rejoignent dans les bras, les paumes, brûlant tout sur leur passage, et les arcs apparaissent, lumineux, picotants. Presque... apaisants, à présent qu'ils sont libres.

L'électricité.

20 janvier 2015

Première "fin"

Ceci n'est pas un exercice. Je répète, ceci n'est pas un exercice. Il fallait que je le dise. Que je me vante, un peu. Que je me rassure, beaucoup. Aujourd'hui, j'ai, pour la première fois, écrit le mot "fin" à une histoire.


Pas une nouvelle, pas un petit conte, non. J'ai fini une histoire de baaaah-à-peu-près-120-pages-Calibri-11, m'comprenez. Ce truc énorme qui fait se sentir tout petit face à l'importance du travail littéraire - on en ressort avec un respect tout particulier pour les autres, ceux qui avaient déjà réussi avant. Et voilà que c'est fait. J'ai écrit un roman, le premier, du début à la fin avec plein de choses au milieu. C'est dit.

Qu'on ne se méprenne pas : c'est un premier jet. Ceux qui me connaissent sauront d'avance qu'il me sera difficile de considérer cette histoire comme totalement terminée un jour. Il y aura toujours cette virgule mal placée, ce mot qui aurait pu sonner tellement bien... À cause de ça, j'ai souvent et sincèrement pensé que je ne serai pas de taille à finir une histoire si longue. Je crois que je grandis.

"C'est un cap ! ... Que dis-je, c'est un cap ? ... c'est une péninsule !"
Les paroles de Cyrano de Bergerac sont intéressantes même hors contexte...

Le travail de relecture sera long, conséquent. Peut-être que j'abandonnerai avant la fin pour une raison X ou Y, et qu'une autre histoire prendra le relais. Ne me lynchez pas d'avance, c'est mon plaisir, mon échappatoire, que je vous prête quand ça me chante. J'espère un jour pouvoir vous prêter 120 pages de mes entrailles sur un petit plateau. Ne faites pas ces mines dégoûtées. On parle bien de cela, de ce qu'il y a au plus profond de nous.

C'est ça, l'écriture. Ce n'est pas très beau, ce n'est pas très noble. C'est un besoin viscéral, un élan qui nous pousse à partager ce que l'on ressent, à user du langage pour se rapprocher de l'autre. C'est un acte profondément intime que je partage avec vous aujourd'hui. Qui m'effraie un peu, d'ailleurs. C'est sorti, mais où est-ce parti ? Les personnages que j'ai façonnés m'en veulent-ils de les avoir abandonnés ? Et maintenant ? Qu'importe. C'est fait.

Pour ceux que cela intéresserait, cette histoire parle de magie, de révolte, de peur, d'espoir. De petits humains au milieu de tout ce chaos qui essaient de faire avec, de (sur)vivre, de grandir et trouver leur place. Cela n'explique rien de l'intrigue ? C'est normal. L'intrigue, ce sera pour plus tard. Ce sera quand je serai fière d'avoir une histoire d'à-peu-près-120-pages-Calibri-11-et-belle-comme-tout.

Pour conclure, cette phrase de Mark Twain qui n'a pas de réel rapport mais qui sonne bien pour un point final :

"Ils ne savaient pas que c'était impossible. Alors ils l'ont fait."

08 janvier 2015

Je suis...

Salut Charlie,

Il paraît que tu représentes aujourd’hui la liberté d’expression. Je ne t’ai jamais suivi particulièrement mais la symbolique fait l’essentiel. S’attaquer à un bastion, c'était bien tenté.

Nos droits ne sont jamais acquis. Parler n’est pas offert à tout le monde, et ils sont nombreux à tenter encore de faire taire ceux qui se permettent d’ouvrir leurs gueules. Dommage qu’il faille du sang pour nous ramener à la réalité. Dommage qu’il faille des morts en plein Paris pour regrouper les êtres autour d’une même lutte - lutte qui n’a jamais cessé, rappelons-le.

Mais on ne changera pas le monde n’est-ce pas ?

Charlie, je ne suis pas toi. Je ne me cacherai pas derrière ton nom, derrière ton sang. Je te respecte, et c’est pour cela que je parle en mon nom propre. Je suis une voix qui se soulève aujourd'hui. Je suis une parmi les innombrables. Je suis l’expression d’une pensée, je suis des mots écrits avec les tripes, avec le cœur, avec du sang. Je suis la liberté.

Aujourd’hui, comme souvent, j’ai peur. Pas de parler, vois-tu, pas d’eux. J’ai peur de l’oubli. Car on s’oublie. On oublie l’essentiel. On oublie de se battre pour ce qui est juste, pour la liberté, pour l’égalité, l’amour entre les peuples. On oublie de se battre pour nous-même et on attaque celui qui pourrait nous apporter quelque chose. Quel coup à nos valeurs ! Quel gâchis !

J’ai peur qu’un jour, on oublie d’exprimer ce que l’on ressent, on oublie de dire ce qu’il faut dire. Pour soi. Pour les autres. J’ai peur qu’un jour, nous ayons tous peur des autres. À ceux qui se revendiquent Charlie : exprimez-vous sans relâche. Ne faites pas l’erreur d’oublier que la liberté est une lutte de tous les jours. De tous les peuples, sans couleurs ni religions.

Ne vous taisez pas.

23 novembre 2014

Hommage en passant

La vie.
Bruissement incertain. Hasardeux. Multiple. Grandissant. Assourdissant et tellement doux.

Le silence. Absence. Froid. Mais le bruissement, mais les souvenirs.
Mais la chaleur et cette présence laissée là. Qui fait grandir, mûrir, qui rend des choses belles. Les fleurs, les landes, la Normandie.

On écrira, on marchera, on continuera.

A tantôt


30 mai 2014

Conseil de lecture + quelques nouvelles

"Je me demande à quoi tient le désir, pourquoi le corps tressaille, pourquoi le ventre se creuse quand l'autre apparaît. À quoi tient cette fascination, cette façon de changer chaque détail du corps de l'autre, chacune de ses paroles, chacune de ses attitudes en une exception ? Pourquoi tout en l'autre est événement, étonnement ? La voix surtout, le grain unique, la façon de composer les phrases, les intonations, les silences, les sous-entendus. Pourquoi, une fois que l'amour aura passé, s'il passe, les mêmes gestes, la même démarche deviendront invisibles voire insupportables ?"

Brigitte Giraud, Avoir un corps. Editions Stock, 2013.

Peu de nouvelles ces derniers temps. D'autres préoccupations, fin d'année scolaire, fin d'une période mais aussi début d'histoires... Le quotidien file à toute vitesse et laisse peu de temps pour souffler, et pas toujours lorsque l'inspiration est là !

En attendant, le livre dont cette citation a été extraite est une oeuvre à lire sur le rapport à son corps tout au long de la vie d'une femme (mais ça s'adresse à tout le monde messieurs, ne vous sentez pas mis de côté !). Un ensemble de pensées, d'instantanés comme j'aime à désigner cette façon d'écrire hachée et concentrée sur des moments précis et significatifs, sans enrobages superficiels.

Dans le cadre d'un projet pour nos cours et en partenariat avec le Printemps du Livre 2014 de Grenoble, nous avons pu organiser une rencontre de l'auteur. Une rencontre très sympathique dans un salon de thé grenoblois, une expérience à refaire, mais peut-être avec plus d'organisation ? Ah ces étudiants balancés dans l'organisation d'événements sérieux tout à coup...

Que le beau temps soit avec vous !